Infirmiers, infirmières, métier de soin ou de combat ?

Mardi dernier, Télérama publiait un article nommé "infirmiers et infirmières : sauve qui peut !". Ce titre n'est pas anodin. Le sont encore moins les premières phrases de l'article :

"Elles raccrochent leurs blouses comme les boxeurs leurs gants. L'endurance n'y est plus."

Cette comparaison entre boxeurs et infirmières est intéressante. Tous deux sont au front, tous deux prennent des coups mais se relèvent, tous deux se battent jusqu’à la fin. Le problème est là.


Il semblerait que la fin arrive à grand pas, beaucoup plus rapidement que prévu. La situation actuelle pousse nos soignants à bout, tellement qu’ils finissent par quitter leur métier. Mauvaises conditions de travail, peu de moyens, l’actualité décrit la situation bien mieux que nous. Cela amène les infirmières à travailler de manière industrielle, presqu’à la chaine : toujours plus vite, prenant en charge toujours plus de monde.


Comment rentrer chez soi et passer une bonne nuit de sommeil l’esprit tranquille après avoir entrevu un enchainement de patients avec il n’a pas été possible d’échanger trois phrases ? Des êtres humains pour qui parfois la visite l’infirmière est la seule qu’ils reçoivent de la journée. Est-ce normal de ne pas pouvoir prendre le temps, ne serait-ce seulement cinq minutes, pour échanger quelques mots ? Bien sûr c’est possible, les professionnels de santé peuvent choisir de rester un peu plus longtemps. Mais à quel prix ? Deux minutes de plus avec un patient revient à deux minutes de moins avec le suivant.


Ce métier qui mêlait si bien soin et social se transforme petit à petit, exigeant des professionnels qu’ils soient toujours plus productifs, quitte à mettre l’aspect relationnel de côté. Toujours plus vite, toujours plus, voilà ce qu’on leur demande, les poussant à l’épuisement.


« Mises K-O par des conditions de travail qui se dégradent toujours davantage »

peut-on lire, toujours dans le même article de Télérama. Cette phrase résume parfaitement la situation, nos professionnels de santé sont poussés au burnout.