Eviter l’épuisement professionnel chez les soignants

Dernière mise à jour : nov. 5



Qu’est-ce que l’épuisement professionnel ?


Le syndrome d’épuisement professionnel est la traduction française du burnout. Le guide d’aide à la prévention rédigé et publié par l’ANACT, l’INRS et le Ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social en mai 2015 reprend la définition suivante de ce syndrome :


« l’écartèlement entre ce que les gens sont et ce qu’ils doivent faire. Il représente une érosion des valeurs, de la dignité, de l’esprit et de la volonté – une érosion de l’âme humaine. C’est une souffrance qui se renforce progressivement et continuellement, aspirant le sujet dans une spirale descendante dont il est difficile de s’extraire … Qu’arrive-t-il lorsque le burnout vous gagne ? En fait, trois évènements surviennent : vous vous sentez chroniquement épuisé ; vous devenez cynique et vous détachez de votre travail ; et vous vous sentez de plus en plus inefficace dans votre job » (Maslach, Leiter, 1997).

Quelques chiffres


Une étude a été menée par l’HIMSS et Nuance Communications auprès de plus de 400 médecins et infirmiers dans 10 pays différents. Il en est ressorti que 67 % des soignants français interrogés indiquent ressentir un épuisement professionnel vis-à-vis de leur travail, ce qui est le taux le plus élevé parmi les pays de l’échantillon étudié.

Diverses causes sont mises en avant : charge de travail, la pression exercée, la lourdeur des documents médicaux et administratifs à renseigner pour assurer le suivi médical des patients, le manque d’autonomie et de prise de décision qui leur sont accordées, les exigences croissantes des patients, un manque d’équipement et de ressources, des processus inefficaces et un manque généralisé d’humanité ou d’émotion au profit de protocoles uniformisés.


En quoi se caractérise le burnout ?


La Haute Autorité de Santé propose une liste non exhaustive de quatre manifestations courantes du syndrome d’épuisement professionnel :

  • Émotionnelles : anxiété, tensions musculaires diffuses, tristesse de l’humeur ou manque d’entrain, irritabilité, hypersensibilité, absence d’émotion ; cognitives : troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration, des fonctions exécutives ;

  • Comportementales ou interpersonnelles : repli sur soi, isolement social, comportement agressif, parfois violent, diminution de l’empathie, ressentiment et hostilité à l’égard des collaborateurs ; comportements addictifs ;

  • Motivationnelles ou liées à l’attitude : désengagement progressif, baisse de motivation et du moral, effritement des valeurs associées au travail ; doutes sur ses propres compétences (remise en cause professionnelle, dévalorisation) ;

  • Physiques non spécifiques : asthénie, troubles du sommeil, troubles musculo-squelettiques (type lombalgies, cervicalgies, etc.), crampes, céphalées, vertiges, anorexie, troubles gastro-intestinaux.

Que faire si vous vous sentez en burnout ?


Pas de panique, nous avons pu nous en apercevoir dans les chiffres cités ci-dessus, le burnout, bien que n’étant pas anodin, est quelque chose de fréquent pour laquelle vous pouvez vous faire aider. Si votre établissement en est pourvu, vous pouvez vous tourner vers les acteurs internes de soutien qu’il vous propose. Si ce n’est pas le cas, faites appel à votre médecin traitant, à la médecine du travail, ou au CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

Pour prévenir le burnout, il est important d’avoir une bonne hygiène de vie (même si dans le monde du médicale c’est souvent plus facile à dire qu’à faire), de décrocher du travail une fois celui-ci terminé, et de prendre du temps pour soi.

Cet article vous a plu ? Vous voulez plus d’information en ce qui concerne l’épuisement professionnel, sa prévention, ses symptômes, sa prise en charge ? Dans ce cas nous vous invitions à vous tourner vers notre formation ! Nous vous proposons aux choix trois sessions sur deux jours consécutifs : 17&18 mars 2022 ; 16&17 juin 2022 ; 01&02 décembre 2022.